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Texte Libre

Un soir de demi-brumes à Londres

Un voyou qui ressemblait à

Mon amour vint à ma rencontre

Et le regard qu’il me jeta

Me fit baisser les yeux de honte…

 

Au tournant d’une rue brûlant

De tous les feux de ses façades

Plaies du brouillard sanguinolent

Où se lamentaient les façades

Une femme lui ressemblant…

 

C’était son regard d’inhumaine

La cicatrice à son cou nu

Sortit saoule d’une taverne

Au moment où je reconnus

La fausseté de l’amour même…

 

J’ai pensé à ces rois heureux

Lorsque le faux amour et celle

Dont je suis encore amoureux

Heurtant leurs ombres infidèles

Me rendirent si malheureux…

 

Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir…

 

Voie lactée ô sœur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d’ahan

Ton cours vers d’autres nébuleuses…

 

Apollinaire  La chanson du mal aimé (extrait).

 


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The mind is its own place, and in it self c
an make a heavn of Hell, a Hell of Heavn
Milton,Paradise Lost.

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Les chants d'AïmalUn  Sur: IN LIBRO VERITAS

aimalun

Samedi 20 août 2005

Les Chants D’AïmalUn

 

I

 

 

 

Ô Douleur !

 

 

Ne soit plus le spectateur témoin. L’œil dans le leurre, quelles vérités crieras tu ? Prise dans l’enclos des désespérances, accroché à des rêves lunaires, de ces lunes rouges qui exhalent des remugles de passions, combats incertains, où le pire le dispute au pire. Heurts frontaux de crises partagées, sursauts des ultimes illusions.

 

Boiras tu l’intarissable liqueur du mage, qui sait fleurir les lèvres closes ?

 

Croiras tu le cristal noir du maître, muet, nocturne, tortueux, qui, dans ses veines, secrète le terrible poison ?

 

 

BRISE ! BRISE ! BRISE !

 

Ta main gauche tient le pommeau d’argent.

 

Va et vainc !

 

Cette lame qui resplendit, polie, unie !

 

TRANCHE ! TRANCHE ! TRANCHE !

 

 

Tes douleurs sont obsolètes.

 

Tu possèdes la force et le courage.

 

L’œil qui voit au-delà.

 

Dissipe les brumes !

 

Si tu te mets en route qui t’arrêtera !

 

Tu grandiras et je disparaîtrais.

 

Dis ton NOM !

 

Et tous ferons silence.

 

 

Ô enfant !

 

 

La vierge est morte, inféconde de chairs et de raisons, mais féconde de l’Esprit.

 

Sacrifie sur la pierre le vieux bélier ! Que ses mâles oripeaux nourrissent l’oiseau.

 

Tu es l’oiseau !

 

Le lien à ta patte est tranché.

 

Ton aile est libre.

 

Tu es l’oiseau !

 

Colombe royale que craignent les aigles.

 

Par AïmalUn
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Dimanche 21 août 2005

Les Chants D’AïmalUn

 

 

II

 

 

« Je pleure tes fougères qui t’admirent, parce que Tes mots, sous la lune, rient comme le diable AïmalUn

 

Encore,

 

De toi, de toi, du brut !

 

Le temps est chaud, je m'appuie sur ta foule,

 

AïmalUn.

 

Sais tu que tu touches, ce que les autres n'ont jamais touché ?

 

Mon poisson est noyé sous le ventre des rêves refoulés, là, ici, regarde, ou touche, mais si tu touches, ça tremble, parce que ça n'a pas l'habitude AïmalUn

 

 Je  pose mes lèvres brûlantes sur le sein gonflé de la terre AïmalUn. »

 

 

Tu as déchaînée dans mes enfers

 

Les passions redoutables

 

Je deviens l’excroissance l’agrandissement

 

J’arme ta main d’enfant

 

Je mords

 

Je prends

 

J’éjacule

 

Je suis guerrier de l’OrchidéE

 

Langue percée de l’espérance

 

Chanteuse de tes mots

 

Je suis dans tes eaux

 

Plongeant sans cesse aux profondeurs brûlantes

 

Dans la main la lame d’obsidienne

 

Sur mon front l’œil du cyclope

 

Je vogue aux marges de tes océans

 

J’abolis l’espace

 

Je déchire les voiles du temple

 

Je suis le sacrilège

 

Je t’emporte

 

Je te vole aux dieux

 

 Je pose mes lèvres brûlantes sur ton sexe gonflé

 

Je suis ta marée

 

 Ton ressac

 

Je m’épuise et renaît sans cesse

 

OrchidéE

 

Tu es mon enfant

 

Par AïmalUn
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Lundi 22 août 2005

Les Chants D’AïmalUn

 

 

III

 

 

« …Des mots qui flottent

 

Dans le corps, en dehors,

 

Toujours, toujours.

 

Je suis une enfant AïmalUn,

 

Neuve… »

 

 

Bisous, OrchidéE –

 

 

« …Non pas bisous, pas bisous !

 

Je suis affamée !

 

Des mots qui giclent, qui éjacule, éclaboussent !... »

 

 

Je chante ton Nom OrchidéE

 

Ta vague explose

 

Elle monte comme un orgasme

 

Comme un rugissement des entrailles

 

Comme du volcan la lave

 

Comme une jouissance douloureuse

 

Comme une puissance indomptée

 

Comme le foutre jaillissant des organes

 

Qui éclabousse les terres vierges

 

Qui féconde le monde

 

Qui donne le sens de nos existences

 

Tu es une enfant qui grandit

 

Je t’ai appelée OrchidéE

 

Non pas lame

 

La fleur est plus forte que le fer

 

Elle sait l’art de l’ivresse

 

Elle sait les secrets des racines

 

Elle sait la lumière

 

Elle sait les sortilèges de la nuit

 

Elle sait l’insecte fertiliseur

 

Elle fige l’instant dans l’orbe de sa corolle

 

Elle est éternité toujours renouvelée

 

Je chante ton Nom

 

OrchidéE

 

 

Par AïmalUn
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Mardi 23 août 2005

Les Chants D’AïmalUn

 

 

IV

 

 

J’ai lu le givre de tes yeux

 

Cristal qui songe

 

Quand le soir sournois ronge

 

Les lambeaux de ciel bleu

 

 

Pied nu posé sur la pierre

 

Ton sein blessé par l’oiseau

 

Rouge baiser de la serre

 

Rêves engloutis par les eaux

 

 

Aime danse chante

 

La fée aux yeux amarante

 

Est morte en couche ce soir

 

Maître corbeau berne renard

 

 

Sûrement un jour la mort en face

 

Les filles sont belles sur la place

 

Lamentations chants des sanglots

 

Lentes agonies des braséros

 

Par AïmalUn
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Mercredi 24 août 2005

Les Chants D’AïmalUn

 

 

V

 

 

Je te cognerai comme le tambour novice

 

Sa peau de veau

 

Je te cognerai comme le briseur de pierres

 

Le marbre veiné

 

Je te cognerais comme le maître de forge

 

Le fer rougeoyant

 

Comme le vice la vertu

 

Comme le mac la putain

 

Comme le bourreau l’innocent

 

Bois le nectar de miel et de fleur

 

Lève ta jupe ma sœur

 

Que je te baise

 

Que je te cogne

 

Je suis le bouc qui cogne

 

Je suis le sexe boutoir

 

J’enfonce je défonce

 

Brut brutal

 

De peau de pierre et de métal

 

Je te…

 

Eclatement des turgescences

 

Feu des eaux brûlantes

 

Explosions

 

Jaillissements

 

Je te…

 

Je…

 

Par AïmalUn
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