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Texte Libre

Un soir de demi-brumes à Londres

Un voyou qui ressemblait à

Mon amour vint à ma rencontre

Et le regard qu’il me jeta

Me fit baisser les yeux de honte…

 

Au tournant d’une rue brûlant

De tous les feux de ses façades

Plaies du brouillard sanguinolent

Où se lamentaient les façades

Une femme lui ressemblant…

 

C’était son regard d’inhumaine

La cicatrice à son cou nu

Sortit saoule d’une taverne

Au moment où je reconnus

La fausseté de l’amour même…

 

J’ai pensé à ces rois heureux

Lorsque le faux amour et celle

Dont je suis encore amoureux

Heurtant leurs ombres infidèles

Me rendirent si malheureux…

 

Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir…

 

Voie lactée ô sœur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d’ahan

Ton cours vers d’autres nébuleuses…

 

Apollinaire  La chanson du mal aimé (extrait).

 


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Les chants d'AïmalUn  Sur: IN LIBRO VERITAS

Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /2009 15:00

TOUSSAINT

 

 

A la toussaint au cimetière

On va pleurant les êtres chers

Quand on n’a pas de disparus  

On fleurit la tombe inconnue

 

La jeune éplorée qui s’affaisse

Posant imprudemment la fesse

Sur le marbre froid du tombeau

Ignore-t-elle que les corbeaux

Qui hantent tous les cimetières

Ont parfois des élans pervers

 

A la toussaint entre les tombes

Juste avant que le soir ne tombe

Entre les vivants et les morts

Il n’y a plus raisons ni torts

 

La jeune éplorée qui se baisse

Découvre l’orbe de ses fesses

Tombeau tombeau noir et muet

La belle arrête de pleurer

Entre le vivant et le mort

Oublie tes regrets sans remord

 

A la toussaint au cimetière

On va  pleurer un être cher

Puis l’on rencontre un inconnu

Et l’on oubli le disparu.

Par AïmalUn/Jean-Baptiste - Publié dans : aimalun
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