Un soir de demi-brumes à Londres
Un voyou qui ressemblait à
Mon amour vint à ma rencontre
Et le regard qu’il me jeta
Me fit baisser les yeux de honte…
Au tournant d’une rue brûlant
De tous les feux de ses façades
Plaies du brouillard sanguinolent
Où se lamentaient les façades
Une femme lui ressemblant…
C’était son regard d’inhumaine
La cicatrice à son cou nu
Sortit saoule d’une taverne
Au moment où je reconnus
La fausseté de l’amour même…
J’ai pensé à ces rois heureux
Lorsque le faux amour et celle
Dont je suis encore amoureux
Heurtant leurs ombres infidèles
Me rendirent si malheureux…
Mon beau navire ô ma mémoire
Avons-nous assez navigué
Dans une onde mauvaise à boire
Avons-nous assez divagué
De la belle aube au triste soir…
Voie lactée ô sœur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses
Nageurs morts suivrons-nous d’ahan
Ton cours vers d’autres nébuleuses…
Apollinaire La chanson du mal aimé (extrait).

The mind is its own place, and in it self can
make a heav’n
of Hell, a Hell of Heav’n”
Milton,Paradise
Lost.
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Les chants
d'AïmalUn Sur: IN LIBRO VERITAS

Des fois j’me dis
Qu’j’vais m’envoler
Pour les paradis déjantés
La dose d’acide qui décide
La couleur que tu vas rêver
Des fois j’me dis
Qu’j’vais m’embarquer
Pour tous les azurs constellés
Pour oublier le temps d’un tour
Les ombres grises qui tuent les jours
Des fois j’me dis
Que t’es trop belle
Que j’ai envie d’baiser la vie
Et de mourir dans tes dentelles
Dans le feu d’un soleil de nuit
Des fois j’me dis
Qu’je vais plonger
Dans tous les vents dans tous les ciels
Pour oublier pour oublier
Tout’s les paroles infidèles
Des fois j’me dis
Qu’j’vais naviguer
Entr’ moi et moi dans la lumière
Comme une voile entr’ ciel et mer
Pour me noyer pour me noyer
Dans les remous des eaux amères
Des eaux amères…
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