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Texte Libre

Un soir de demi-brumes à Londres

Un voyou qui ressemblait à

Mon amour vint à ma rencontre

Et le regard qu’il me jeta

Me fit baisser les yeux de honte…

 

Au tournant d’une rue brûlant

De tous les feux de ses façades

Plaies du brouillard sanguinolent

Où se lamentaient les façades

Une femme lui ressemblant…

 

C’était son regard d’inhumaine

La cicatrice à son cou nu

Sortit saoule d’une taverne

Au moment où je reconnus

La fausseté de l’amour même…

 

J’ai pensé à ces rois heureux

Lorsque le faux amour et celle

Dont je suis encore amoureux

Heurtant leurs ombres infidèles

Me rendirent si malheureux…

 

Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir…

 

Voie lactée ô sœur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d’ahan

Ton cours vers d’autres nébuleuses…

 

Apollinaire  La chanson du mal aimé (extrait).

 


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The mind is its own place, and in it self c
an make a heavn of Hell, a Hell of Heavn
Milton,Paradise Lost.

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Les chants d'AïmalUn  Sur: IN LIBRO VERITAS

Mardi 14 novembre 2006

J’ai fait cet hommage à Pablo Neruda en pensant à Martine http://www.valentinem.com

 

 

 

 « Le Printemps est inexorable »

 

 

Pablo

Tes mots ruissellent comme des larmes

Sur nos poitrines fatiguées

Dans le Chili amer des armes

La liberté assassinée

Toujours l’amour qui nous cheville

L’âme au corps et le cœur debout

Toujours nos frères que l’on fusille

Le sang faisant rougir la boue

Ils mirent tes livres aux bûchers

Alors naquirent mille étoiles

Dans les nuits de la liberté

Pablo

Tes mots ruissellent comme des larmes

Sur les peaux usées du destin

Les mains du jour diront demain

Dans les cœurs que l’amour désarme

Et pour vingt poèmes d’amour

Une chanson désespérée

Une guitare pour pleurer

Quand nos yeux disent un autre jour

Dans les nuits de rêves brisés

Le silence de nos frères d’armes

Sera la prière partagée

Pablo

Tes mots ruissellent comme des larmes

Nous laisseront courir les vents

Et quand mourra le bruit des armes

Nous chanterons dans le printemps

Pablo

Avec toi avec tous les autres

La lumière enfin retrouvée

Dans un monde qui sera le nôtre

Terre d’amour et de liberté

Pablo

Jean-Baptiste.

 

La chanson noire

 

Je vais dire la légende
De celui qui s'est enfui
Et fait les oiseaux des Andes
Se taire au cœur de la nuit

Le ciel était de velours
Incompréhensiblement
Le soir tombe et les beaux jours
Meurent on ne sait comment

Comment croire comment croire
Au pas pesant des soldats
Quand j'entends la chanson noire
De Don Pablo Neruda

Lorsque la musique est belle
Tous les hommes sont égaux
Et l'injustice rebelle
Paris ou Santiago

Nous parlons même langage
Et le même chant nous lie
Une cage est une cage
En France comme au Chili

Comment croire comment croire
Au pas pesant des soldats
Quand j'entends la chanson noire
De Don Pablo Neruda

Sous le fouet de la famine
Terre terre des volcans
Le gendarme te domine
Mon vieux pays araucan

Pays double où peuvent vivre
Des lièvres et des pumas
Triste et beau comme le cuivre
Au désert d'Atacama

Comment croire comment croire
Au pas pesant des soldats
Quand j'entends la chanson noire
De Don Pablo Neruda

Avec tes forêts de hêtres
Tes myrtes méridionaux
O mon pays de salpêtre
D'arsenic et de guano

Mon pays contradictoire
Jamais libre ni conquis
Verras-tu sur ton histoire
Planer l'aigle des Yankees

Comment croire comment croire
Au pas pesant des soldats
Quand j'entends la chanson noire
De Don Pablo Neruda

Absent et présent ensemble
Invisible mais trahi
Neruda que tu ressembles
À ton malheureux pays

Ta résidence est la terre
Et le ciel en même temps
Silencieux solitaire
Et dans la foule chantant

Comment croire comment croire
Au pas pesant des soldats
Quand j'entends la chanson noire
De Don Pablo Neruda

Paroles: Louis Aragon. Musique: Jean Ferrat .

 

 

 

 

 

 

Je prends congé, je rentre
chez moi, dans mes rêves,
je retourne en Patagonie
où le vent frappe les étables
où l'océan disperse la glace.
Je ne suis qu'un poète
et je vous aime tous,
je vais errant par le monde que j'aime :

dans ma patrie
on emprisonne les mineurs
et le soldat commande au juge.
Mais j'aime, moi, jusqu'aux racines
de mon petit pays si froid.
Si je devais mourir cent fois,
c'est là que je voudrais mourir
et si je devais naître cent fois
c'est là aussi que je veux naître 
près de l'araucaria sauvage,
des bourrasques du vent du sud
et des cloches depuis peu acquises.

Qu'aucun de vous ne pense à moi.
Pensons plutôt à toute la terre,
frappons amoureusement sur la table.
Je ne veux pas revoir le sang
imbiber le pain, les haricots noirs
la musique: je veux que viennent
avec moi le mineur, la fillette,
l'avocat, le marin
et le fabricant de poupées,
Que nous allions au cinéma,
que nous sortions 
boire le plus rouge des vins.

Je ne suis rien venu résoudre.

Je suis venu ici chanter
je suis venu
afin que tu chantes avec moi.

Pablo Neruda  (El canto General)

Penché dans les soirs je jette mes tristes filets

à tes yeux océaniques.

Là s’étire et flambe dans le plus haut brasier

ma solitude qui tourne les bras comme un naufragé.

Je fais de rouges signaux sur tes yeux absents

qui palpitent comme la mer au pied d’un phare.

Tu ne retiens que ténèbres, femme distante et mienne,

de ton regard émerge parfois la côte de l’effroi.

Penché dans les soirs je tends mes tristes filets

à cette mer qui bat tes yeux océaniques.

Les oiseaux nocturnes picorent les premières étoiles

qui scintillent comme mon âme quand je t’aime.

La nuit galope sur sa sombre jument

répandant des épis bleus sur la campagne.

Pablo Neruda. (Vingt poèmes d’amour, chant VII)

 

 

 

par AïmalUn/Jean-Baptiste publié dans : aimalun
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