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Texte Libre

Un soir de demi-brumes à Londres

Un voyou qui ressemblait à

Mon amour vint à ma rencontre

Et le regard qu’il me jeta

Me fit baisser les yeux de honte…

 

Au tournant d’une rue brûlant

De tous les feux de ses façades

Plaies du brouillard sanguinolent

Où se lamentaient les façades

Une femme lui ressemblant…

 

C’était son regard d’inhumaine

La cicatrice à son cou nu

Sortit saoule d’une taverne

Au moment où je reconnus

La fausseté de l’amour même…

 

J’ai pensé à ces rois heureux

Lorsque le faux amour et celle

Dont je suis encore amoureux

Heurtant leurs ombres infidèles

Me rendirent si malheureux…

 

Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir…

 

Voie lactée ô sœur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d’ahan

Ton cours vers d’autres nébuleuses…

 

Apollinaire  La chanson du mal aimé (extrait).

 


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The mind is its own place, and in it self c
an make a heavn of Hell, a Hell of Heavn
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Les chants d'AïmalUn  Sur: IN LIBRO VERITAS

Dimanche 28 juin 2009


Je vous avais déja parlé de Jean Venturini, jeune poète de 19 ans disparu en Méditérranée le 16 juin 1940 à bord du sous-marin Morse.
Son unique recueil était introuvable, la seule trace que nous avions de lui était le poème "Sang " que Pierre Seghers avait publié en dernière page de  son livre d'or de la poésie Française.
Nicole Dubus Vaillant a retrouvé chez un ancien camarade de jean Venturini un exemplaire de l'époque. Elle a donc republié Outlines aux éditions Vaillant tout récemment. Merci à elle d'avoir fait resurgir du fond des eaux amères, ce trésor englouti.
Je vous livre ici un poème du recueil, etrangement prémoitore, "Farewell".





Par AïmalUn/Jean-Baptiste - Publié dans : aimalun
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Commentaires

"Mon navire morne aux airs de cercueil", il ne savait pas si bien dire. Que ce poème est chargé de douleur, invocation, fatalité, pourquoi les poèmes de souffrance sont les plus beaux ? parce qu'ils déchirent notre sensibilité, et que la douleur nous arrache le coeur. Tu as dû être comblé de trouver ce trésor de recueil. Bonne semaine Jean-Baptiste, bisous
Commentaire n°1 posté par Crepusculine le 30/06/2009 à 22h21
Il me semble que cela fait longtemps que je ne suis venue. Tout me paraît si magnifique ! Oui, j'avais lu le mpoème de Jean Venturini dans l'anthologie de Seghers, mais ce poème est trés émouvant, et au fait... n'est-il pas d'origine corse, avec ce nom ?
Commentaire n°2 posté par Valentine le 08/07/2009 à 22h50
Absolument Martine, il était d'origine Corse.
Commentaire n°3 posté par jean-baptiste le 09/07/2009 à 21h28
Jean Venturini, c'est le dernier poète cité dans mon anthologie de chez Seghers, je crois.
Commentaire n°4 posté par Valentine le 11/08/2009 à 22h25
(Je me répète... Merci pour ta réponse !)
Commentaire n°5 posté par Valentine le 11/08/2009 à 22h27

merci de me faire decouvrir ces mots... mes amitiés JB

Commentaire n°6 posté par alice le 19/10/2009 à 00h39
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