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Texte Libre

Un soir de demi-brumes à Londres

Un voyou qui ressemblait à

Mon amour vint à ma rencontre

Et le regard qu’il me jeta

Me fit baisser les yeux de honte…

 

Au tournant d’une rue brûlant

De tous les feux de ses façades

Plaies du brouillard sanguinolent

Où se lamentaient les façades

Une femme lui ressemblant…

 

C’était son regard d’inhumaine

La cicatrice à son cou nu

Sortit saoule d’une taverne

Au moment où je reconnus

La fausseté de l’amour même…

 

J’ai pensé à ces rois heureux

Lorsque le faux amour et celle

Dont je suis encore amoureux

Heurtant leurs ombres infidèles

Me rendirent si malheureux…

 

Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir…

 

Voie lactée ô sœur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d’ahan

Ton cours vers d’autres nébuleuses…

 

Apollinaire  La chanson du mal aimé (extrait).

 


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Texte Libre

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The mind is its own place, and in it self c
an make a heavn of Hell, a Hell of Heavn
Milton,Paradise Lost.

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Les chants d'AïmalUn  Sur: IN LIBRO VERITAS

Dimanche 29 mars 2009

Avec cette pleine puissance, en huit mois un
homme de génie eût changé la face de la France,
de l'Europe peut-être . Seulement voilà, il a
pris la France et n'en a rien fait.
Dieu sait pourtant que le petit bonhomme  se
démène : il fait rage, il touche à tout, il court
après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ;

il cherche à donner le change sur sa nullité ;
c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas !
Cette roue tourne à vide. L'homme qui, après sa
prise du pouvoir a épousé une belle étrangère est
un carriériste avantageux.

Il aime la gloriole, les paillettes, les grands
mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les
verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent,
l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il
a des caprices, il faut qu'il les satisfasse.
Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si
petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on
le trouve énorme, il est impossible que l'esprit
n'éprouve pas quelque surprise.

On y ajoutera le cynisme car, la France, il la
foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la
nie, l'insulte et la bafoue ! Triste spectacle
que celui du galop, à travers l'absurde, d'un
homme médiocre échappé ".


Victor HUGO, dans " Napoléon, le petit "
Vous aviez pensé à qui ?
Étonnant de voir à quel point Victor Hugo peut-être d'actualité !

Réédité chez Actes Sud

Par AïmalUn/Jean-Baptiste
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