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Texte Libre

Un soir de demi-brumes à Londres

Un voyou qui ressemblait à

Mon amour vint à ma rencontre

Et le regard qu’il me jeta

Me fit baisser les yeux de honte…

 

Au tournant d’une rue brûlant

De tous les feux de ses façades

Plaies du brouillard sanguinolent

Où se lamentaient les façades

Une femme lui ressemblant…

 

C’était son regard d’inhumaine

La cicatrice à son cou nu

Sortit saoule d’une taverne

Au moment où je reconnus

La fausseté de l’amour même…

 

J’ai pensé à ces rois heureux

Lorsque le faux amour et celle

Dont je suis encore amoureux

Heurtant leurs ombres infidèles

Me rendirent si malheureux…

 

Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir…

 

Voie lactée ô sœur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d’ahan

Ton cours vers d’autres nébuleuses…

 

Apollinaire  La chanson du mal aimé (extrait).

 


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The mind is its own place, and in it self c
an make a heavn of Hell, a Hell of Heavn
Milton,Paradise Lost.

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Les chants d'AïmalUn  Sur: IN LIBRO VERITAS

Dimanche 15 février 2009

« Il ne faut pas perdre de vue que notre âme est souvent, à nos propres yeux, une puissance très folle, et qu’il y a en l’homme bien des régions plus fécondes, plus profondes et plus intéressantes que celles de la raison et de l’intelligence. »

Maurice Maeterlinck.

 

 

L’imaginaire pend aux rideaux

Vos jambes croisent et se décroisent

Mille raisons mille prétextes

Et vos discours de logique

Votre grande manipulation

Je préfère mes délires vagabonds

Aux exégèses de vos analyses

Mes illuminations embrouillées

Aux diktats de vos compassions

A l’intelligence lumineuse de vos rhétoriques admirables

Le mot qui viole le discours

La main qui prend sans réfléchir

L’oreille qui n’entend plus

Que le mugissement du sang dans mes artères

La parodie sentimentale est passée sous la table

Dans le dédale des pieds de chaises

Sur le parquet de chêne vernis

Vidons les poubelles de la mémoire

Mais archivons

Soyons raisonnables

Et la raison se penche sur l’enfant malade

Elle pose ses mains de raison sur le front brûlant

Ses mains de brave fille studieuse

Ses mains d’ignorance

Madame ma raison

Il y a des jours où vous êtes fringuée comme une pute

Comme une intelligence sans histoire

Qui racole sur les trottoirs du temps

Les pieds dans les talons de l’autorité

Vous rangez vos souvenirs avec vos sous-vêtements

Dans des tiroirs élastiques

Vous nettoyez les indélicatesses

Avec la rigueur d’un procès verbal

Je préfère mon imagination à vos mascarades

Je traque vos vérités dans les nuits troubles

J’étrangle sans haine vos idées bien faites

Je disparais dans les brumes glacées

Prédateur des carnets sans notes

Des pages vierges

Madame ma raison

Je vais nager entre les eaux de ton souffle

Comme une forme changeante

Comme une éponge ivre

Dans le pacte du vertige

Dans le reniement des impostures

Au creux de la blessure

Rire et rire encore

Je consumerais mes ardeurs à fouiller tes recoins d’ombre

Jusque dans tes entrailles les plus secrètes

Dans le ventre où gisent  tes douleurs

Dans les fumures bleues de tes affres

Je verrais ce qu’il y a !

Madame  ma raison

Vêtue de strass et de toc

Demain j’aurais la lame assassine

Celle qui lacère les beaux habits

Qui rouvre les cicatrices bien faites

Qui met à nues les chairs de vérités

La main extirpeuse

Des chancres enfouis

Dans le déchirement des non-dits

Alors

L’âme murmurant la prière des agonisants

Sur le front de l’enfant malade

Posera l’éternel baiser

L’œil au fond du gouffre

Regardera s’élever dans un ciel de lumière

L’aile des aubes immaculées.

Par AïmalUn/Jean-Baptiste - Publié dans : aimalun
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