Un soir de demi-brumes à Londres
Un voyou qui ressemblait à
Mon amour vint à ma rencontre
Et le regard qu’il me jeta
Me fit baisser les yeux de honte…
Au tournant d’une rue brûlant
De tous les feux de ses façades
Plaies du brouillard sanguinolent
Où se lamentaient les façades
Une femme lui ressemblant…
C’était son regard d’inhumaine
La cicatrice à son cou nu
Sortit saoule d’une taverne
Au moment où je reconnus
La fausseté de l’amour même…
J’ai pensé à ces rois heureux
Lorsque le faux amour et celle
Dont je suis encore amoureux
Heurtant leurs ombres infidèles
Me rendirent si malheureux…
Mon beau navire ô ma mémoire
Avons-nous assez navigué
Dans une onde mauvaise à boire
Avons-nous assez divagué
De la belle aube au triste soir…
Voie lactée ô sœur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses
Nageurs morts suivrons-nous d’ahan
Ton cours vers d’autres nébuleuses…
Apollinaire La chanson du mal aimé (extrait).

The mind is its own place, and in it self can
make a heav’n
of Hell, a Hell of Heav’n”
Milton,Paradise
Lost.
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Les chants
d'AïmalUn Sur: IN LIBRO VERITAS

Photo d'aprés le tableau de Velasquez: Le Christ en croix.
Du Vendredi Saint au Dimanche Pascal
Gris comme l’œil de Saturne.
Ici et ailleurs de chemins de croix en chemins de croix, prélats, officiants et fidèles vont leur simulacre !
Aux dernières heures de la passion, dans les tourments du Golgotha (le crâne en hébreu), matrice ultime, Marie dit à « son fils ».
« Dois-je t’accompagner ou t’attendre
Dis- moi un mot Ô Verbe,
Ne passe point en silence ! »
Mais le Verbe resta silence.
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