Un soir de demi-brumes à Londres
Un voyou qui ressemblait à
Mon amour vint à ma rencontre
Et le regard qu’il me jeta
Me fit baisser les yeux de honte…
Au tournant d’une rue brûlant
De tous les feux de ses façades
Plaies du brouillard sanguinolent
Où se lamentaient les façades
Une femme lui ressemblant…
C’était son regard d’inhumaine
La cicatrice à son cou nu
Sortit saoule d’une taverne
Au moment où je reconnus
La fausseté de l’amour même…
J’ai pensé à ces rois heureux
Lorsque le faux amour et celle
Dont je suis encore amoureux
Heurtant leurs ombres infidèles
Me rendirent si malheureux…
Mon beau navire ô ma mémoire
Avons-nous assez navigué
Dans une onde mauvaise à boire
Avons-nous assez divagué
De la belle aube au triste soir…
Voie lactée ô sœur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses
Nageurs morts suivrons-nous d’ahan
Ton cours vers d’autres nébuleuses…
Apollinaire La chanson du mal aimé (extrait).
| Décembre 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | ||||
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | ||||
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | ||||
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | ||||
| 29 | 30 | 31 | ||||||||
|
||||||||||

The mind is its own place, and in it self can
make a heav’n
of Hell, a Hell of Heav’n”
Milton,Paradise
Lost.
Les textes de ce blog sont une propriété intellectuelle et font l'objet d'un dépôt légal.
Textes protégés par une licence Creative Commons.
Les chants
d'AïmalUn Sur: IN LIBRO VERITAS


LOGOS 2
LA NEF DES FOUS
Le FOU, sacrifié sur l’autel des raisons, verra, tel l’Agneau (l’innocence) son sang répandu afin de « féconder » les terres de l’antinomie de la raison, les terres Ontologiques. La Vérité, multiple ne pouvant se circonscrire au seul périmètre limité du monde existentiel, celui des formes, des apparences, des genres, et des nombres.
La NEF (navis), navire à voile, correspond aussi à cette partie des églises et des temples située entre le portail (passage) et le chœur (sanctuaire, lieu de Dieu). La Nef est le lieu Saint ou se tient l’Homme (Fou de Dieu), en transit entre l’existence (monde) et l’essence (Esprit). Elle est aussi une « clé » un « verrou » qui empêche ou favorise « l’accès », la « mutation » vers le plan Essentiel.
La NEF DES FOUS courant sur l’onde, symbolise l’Homme en devenir, mutant, du paraître vers l’Etre, devenu Fou aux yeux de la raison ordinaire, il glisse sur le monde et ses œuvres (Les Eaux), vers son destin Ontologique. Se débarrassant des symboles du faux savoir, il accompli dans une geste ultime, la Folie de l’Homme, sa « Divinité » !
Tableau: La Nef des Fous, Jérôme BOSCH (détail).
Commentaires