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Texte Libre

Un soir de demi-brumes à Londres

Un voyou qui ressemblait à

Mon amour vint à ma rencontre

Et le regard qu’il me jeta

Me fit baisser les yeux de honte…

 

Au tournant d’une rue brûlant

De tous les feux de ses façades

Plaies du brouillard sanguinolent

Où se lamentaient les façades

Une femme lui ressemblant…

 

C’était son regard d’inhumaine

La cicatrice à son cou nu

Sortit saoule d’une taverne

Au moment où je reconnus

La fausseté de l’amour même…

 

J’ai pensé à ces rois heureux

Lorsque le faux amour et celle

Dont je suis encore amoureux

Heurtant leurs ombres infidèles

Me rendirent si malheureux…

 

Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir…

 

Voie lactée ô sœur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d’ahan

Ton cours vers d’autres nébuleuses…

 

Apollinaire  La chanson du mal aimé (extrait).

 


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The mind is its own place, and in it self c
an make a heavn of Hell, a Hell of Heavn
Milton,Paradise Lost.

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Les chants d'AïmalUn  Sur: IN LIBRO VERITAS

Dimanche 5 mars 2006

LOGOS 2

 

LA NEF DES FOUS

 

 

 

 

 

 

Le FOU, sacrifié sur l’autel des raisons, verra, tel l’Agneau (l’innocence) son sang répandu afin de « féconder » les terres de l’antinomie de la raison, les terres Ontologiques. La Vérité, multiple ne pouvant se circonscrire au seul périmètre limité du monde existentiel, celui des formes, des apparences, des genres, et des nombres.

 

 

 

 

 

 

La NEF (navis), navire à voile, correspond aussi à cette partie des églises et des temples située entre le portail (passage) et le chœur (sanctuaire, lieu de Dieu). La Nef est le lieu Saint ou se tient l’Homme (Fou de Dieu), en transit entre l’existence (monde) et l’essence (Esprit). Elle est aussi une « clé » un « verrou » qui empêche ou favorise « l’accès », la « mutation » vers le plan Essentiel.

 

 

 

 

 

 

La NEF DES FOUS courant sur l’onde, symbolise l’Homme en devenir, mutant, du paraître vers l’Etre, devenu Fou aux yeux de la raison ordinaire, il glisse sur le monde et ses œuvres (Les Eaux), vers son destin Ontologique. Se débarrassant des symboles du faux savoir, il accompli dans une geste ultime, la Folie de l’Homme, sa « Divinité » !

 

 

 

Tableau: La Nef des Fous, Jérôme BOSCH (détail).

par AïmalUn/Jean-Baptiste publié dans : aimalun
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