Un soir de demi-brumes à Londres
Un voyou qui ressemblait à
Mon amour vint à ma rencontre
Et le regard qu’il me jeta
Me fit baisser les yeux de honte…
Au tournant d’une rue brûlant
De tous les feux de ses façades
Plaies du brouillard sanguinolent
Où se lamentaient les façades
Une femme lui ressemblant…
C’était son regard d’inhumaine
La cicatrice à son cou nu
Sortit saoule d’une taverne
Au moment où je reconnus
La fausseté de l’amour même…
J’ai pensé à ces rois heureux
Lorsque le faux amour et celle
Dont je suis encore amoureux
Heurtant leurs ombres infidèles
Me rendirent si malheureux…
Mon beau navire ô ma mémoire
Avons-nous assez navigué
Dans une onde mauvaise à boire
Avons-nous assez divagué
De la belle aube au triste soir…
Voie lactée ô sœur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses
Nageurs morts suivrons-nous d’ahan
Ton cours vers d’autres nébuleuses…
Apollinaire La chanson du mal aimé (extrait).
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Les Sept Epées d’un Capitaine
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La première illégitime Qui dit- on aveugle devint Fut conçue entre l’âne et le foin Des désirs d’une péronnelle Pour les gloires d’un capitaine
La seconde du vif-argent Prémices des gloires Divines De son époux fera un rôt Pour l’enfer que Satan anime Yahvé trembla en l’accueillant
Le troisième pour porter beau Exulta dans la limonade Le corps chevillé au bistrot Il sacrifia ses désirades A tous les revers de drapeaux
Le quatrième comprit tôt Tout le funeste du présage Et s’écarta tout aussitôt De cette couvée de sauvages Abandonnant son frère jumeau
Le cinquième osa s’attaquer Au privilège indiscutable Du pater qui pétait à table Hélas ce crime inexpiable Le fit sombrer dans la folie
Le sixième faut-il le taire Ame incomprise doux délire Rêve de rose féminin Bas en résille souliers satins Et n’a qu’un œil pour le dire
La septième enfant s’énivra Buvant le vin de son baptême Moitié méduse moitié sirène Elle abreuva de ses blasphèmes Toutes les gloires d’un capitaine
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Son jumeau sans sépulture
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Mais la première revient toujours Pour tourmenter les survivants Légitimes et sans amour Tous iront les pieds devant. |
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