Un soir de demi-brumes à Londres
Un voyou qui ressemblait à
Mon amour vint à ma rencontre
Et le regard qu’il me jeta
Me fit baisser les yeux de honte…
Au tournant d’une rue brûlant
De tous les feux de ses façades
Plaies du brouillard sanguinolent
Où se lamentaient les façades
Une femme lui ressemblant…
C’était son regard d’inhumaine
La cicatrice à son cou nu
Sortit saoule d’une taverne
Au moment où je reconnus
La fausseté de l’amour même…
J’ai pensé à ces rois heureux
Lorsque le faux amour et celle
Dont je suis encore amoureux
Heurtant leurs ombres infidèles
Me rendirent si malheureux…
Mon beau navire ô ma mémoire
Avons-nous assez navigué
Dans une onde mauvaise à boire
Avons-nous assez divagué
De la belle aube au triste soir…
Voie lactée ô sœur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses
Nageurs morts suivrons-nous d’ahan
Ton cours vers d’autres nébuleuses…
Apollinaire La chanson du mal aimé (extrait).
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L’enfant martyrisée des lunes abyssines
Le coq que l’on égorge au chant du clair matin
Les rages invaincues aux prunelles assassines
La folie d’aujourd’hui qui enterre demain
Tout l’or de Cipango qui va noyer le monde
Ton cœur qui se répand sur les places alentour
Et chacun d’entre nous bien sage attend son tour
D’entrer ou de sortir de l’infernale ronde
Je renierais ton corps jeté dessus la pierre
Aux lignes de tes mains je lirais mon destin
J’implorerais le ciel de faire de ma prière
Un ange de noirceur briseur des lendemains
Je deviendrais alors le fantôme et l’obscur
L’aigle noir qui plane sur les charniers glacés
L’étrange et la douleur d’une antique figure
Qui fit se taire les dieux aux siècles trépassés
Sur la poitrine nue de la vierge promise
Je poserais la fleur de l’éternel verger
Pour que renaisse un jour après les aubes grises
Dans les lumières tremblantes l’amour et la beauté.
(site web)
le: 05/04/2008 18:02:02 tu pars de la réalité pour aller vers un absolu et cela est très beau et l'on te suit jusqu'au bout.. l'on se retrouvera toujours.
Clem
Commentaires