Un soir de demi-brumes à Londres
Un voyou qui ressemblait à
Mon amour vint à ma rencontre
Et le regard qu’il me jeta
Me fit baisser les yeux de honte…
Au tournant d’une rue brûlant
De tous les feux de ses façades
Plaies du brouillard sanguinolent
Où se lamentaient les façades
Une femme lui ressemblant…
C’était son regard d’inhumaine
La cicatrice à son cou nu
Sortit saoule d’une taverne
Au moment où je reconnus
La fausseté de l’amour même…
J’ai pensé à ces rois heureux
Lorsque le faux amour et celle
Dont je suis encore amoureux
Heurtant leurs ombres infidèles
Me rendirent si malheureux…
Mon beau navire ô ma mémoire
Avons-nous assez navigué
Dans une onde mauvaise à boire
Avons-nous assez divagué
De la belle aube au triste soir…
Voie lactée ô sœur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses
Nageurs morts suivrons-nous d’ahan
Ton cours vers d’autres nébuleuses…
Apollinaire La chanson du mal aimé (extrait).
| Juillet 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
La courbe et l’insensé,
La vie qui partira,
Tous les mots épelés,
L’appelée qui s’en va.
Le temps,
Oh, le temps !
Amant insaisissable des sables et des vents,
Le corps tremblant
Sous la main griffeuse et qui caresse,
Le cœur battant
Sous la battue comme l’oiseau que blesse
Et tue,
L’archer de ma faiblesse.
La bouche qui s’entrouvre, pour dire comme un baiser
Mourant sur les lèvres défaites.
Ô mon amour, je t’ai pensée je t’ai aimée
Je t’ai vécue comme une fête.
Mon amour, froide et glacée
Et nue.
Sous la pâle clarté d’une lune d’oubli,
J’interroge les eaux des fontaines de vie,
Les larmes de l’orage, les sources de la nuit,
J’interroge les mages et le dieu qui me fit,
Et le mal et le bien et le ciel et l’enfer,
Et le souffle des dunes, tremblantes des déserts,
Tous les poissons d’argent qui enfantent les mers,
Tous les oiseaux migrants qui fécondent les terres.
Ô ma douleur !
Au soir où s’éteindront les rêves,
Lorsque pâliront les couleurs,
A l’heure brève,
Dans les yeux de la mort s’effacera le temps.
Oh, le Temps !
(site web)
le: 28/01/2008 22:37:58 la mort c'est certainement le plus jour de la vie.
Clem
(site web)
le: 09/02/2008 23:36:25
Commentaires