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Texte Libre

Un soir de demi-brumes à Londres

Un voyou qui ressemblait à

Mon amour vint à ma rencontre

Et le regard qu’il me jeta

Me fit baisser les yeux de honte…

 

Au tournant d’une rue brûlant

De tous les feux de ses façades

Plaies du brouillard sanguinolent

Où se lamentaient les façades

Une femme lui ressemblant…

 

C’était son regard d’inhumaine

La cicatrice à son cou nu

Sortit saoule d’une taverne

Au moment où je reconnus

La fausseté de l’amour même…

 

J’ai pensé à ces rois heureux

Lorsque le faux amour et celle

Dont je suis encore amoureux

Heurtant leurs ombres infidèles

Me rendirent si malheureux…

 

Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir…

 

Voie lactée ô sœur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d’ahan

Ton cours vers d’autres nébuleuses…

 

Apollinaire  La chanson du mal aimé (extrait).

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Dimanche 13 janvier 2008
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Ici et là

Au pays des secondes

Il y a

Le cœur des pendules qui bat

Au pays de chez moi

Il y a

Un cœur battant qui gronde

Rose rouge du rosaire

Egreneuse du  temps de l’âme

Récitante de ma prière

Et toi et toi que viens tu faire

Traîneuse des désirs obscurs

Roucoulant aux eaux des fontaines

Colombe trouble en sa parure

Qui dit le blanc et puis la peine

En mes rêves l’enfant se perd

Toute l’odeur des jasmins

Dans la caresse d’une main

Lorsque le vent lève la terre

Il y a au pays des secondes

Cette seconde où tant je t’aime

Instants posés faisant la ronde

Sur les chemins des nuits trop blêmes

 

Eva Maria sainte Marie

Régentes des neuf paradis

Ignorez- vous le chant oblique

Qui comme un cri dit ma supplique

J’implorerais tous vos pardons

Vos grâces anciennes et nouvelles

Et j’écrirais mon oraison

Afin que le ciel se rappelle

Qu’au pays des secondes il y a

Comme une éternité qui traîne

Ici et là… ! 

par AïmalUn/Jean-Baptiste publié dans : aimalun
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