Tu livres ton sexe aux pillards
Dans les nuits bleues
Du grand berger
Le sexe écarquillé
Œil qui scrute la tombe
Renifleuse de gibier
Chienne fumante des terres givrées
Lèvres avides
Peaux suantes
Et le désir que tu assassines
Dans le détour de l’instant rêvé
Tu donnes le coup de dents
Aines polies qui s’ensanglantent
Tu ris de l’outrage et du fard
Quand la nuit devient trop tard
Que les chairs se lamentent
Dans de vagues sanglots
Putain de la dernière heure
L’amant qui se décompose
Ombre dans le miroir
Corps mouillant la crasse du drap
Tu rêves alors de dentelles
L’amour sous le bras
L’oiseau sans ailes
Et le soubresaut du cœur
Qui meurt.
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