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Texte Libre

Un soir de demi-brumes à Londres

Un voyou qui ressemblait à

Mon amour vint à ma rencontre

Et le regard qu’il me jeta

Me fit baisser les yeux de honte…

 

Au tournant d’une rue brûlant

De tous les feux de ses façades

Plaies du brouillard sanguinolent

Où se lamentaient les façades

Une femme lui ressemblant…

 

C’était son regard d’inhumaine

La cicatrice à son cou nu

Sortit saoule d’une taverne

Au moment où je reconnus

La fausseté de l’amour même…

 

J’ai pensé à ces rois heureux

Lorsque le faux amour et celle

Dont je suis encore amoureux

Heurtant leurs ombres infidèles

Me rendirent si malheureux…

 

Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir…

 

Voie lactée ô sœur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d’ahan

Ton cours vers d’autres nébuleuses…

 

Apollinaire  La chanson du mal aimé (extrait).

 


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The mind is its own place, and in it self c
an make a heavn of Hell, a Hell of Heavn
Milton,Paradise Lost.

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Les chants d'AïmalUn  Sur: IN LIBRO VERITAS

Mercredi 1 novembre 2006

Tous les morts sont ivres de pluie vieille et sale

Au cimetière étrange de Lofoten

L’horloge du dégel tictaque lointaine

Au cœur des cercueils pauvres de Lofoten.

Et grâce aux trous creusés par le noir printemps

Les corbeaux sont gras de froide chair humaine ;

Et grâce au maigre vent à la voix d’enfant

Le sommeil est doux aux morts de Lofoten.

Je ne verrai très probablement jamais

Ni la mer ni les tombes de Lofoten

Et pourtant c’est en moi comme si j’aimais

Ce lointain coin de terre et sa peine.

Vous disparus, vous suicidés, vous lointaines

Au cimetière étranger de Lofoten

-Le nom sonne à mon oreille étrange et doux,

Vraiment, dites-moi, dormez-vous ?

-Tu pourrais me conter des choses plus drôles

Beau claret dont ma coupe d’argent est pleine,

Des histoires plus charmantes ou moins folles ;

Laisse-moi tranquille avec ton Lofoten.

Il fait bon. Dans le foyer doucement traîne

La voix du plus mélancolique des mois.

-Ah ! Les morts, y compris ceux de Lofoten

Les morts, les morts sont au fond moins mort que moi…

Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz (Poète lituanien de langue Française)

 

 

 

 

 

 

par AïmalUn/Jean-Baptiste publié dans : aimalun
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