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Texte Libre

Un soir de demi-brumes à Londres

Un voyou qui ressemblait à

Mon amour vint à ma rencontre

Et le regard qu’il me jeta

Me fit baisser les yeux de honte…

 

Au tournant d’une rue brûlant

De tous les feux de ses façades

Plaies du brouillard sanguinolent

Où se lamentaient les façades

Une femme lui ressemblant…

 

C’était son regard d’inhumaine

La cicatrice à son cou nu

Sortit saoule d’une taverne

Au moment où je reconnus

La fausseté de l’amour même…

 

J’ai pensé à ces rois heureux

Lorsque le faux amour et celle

Dont je suis encore amoureux

Heurtant leurs ombres infidèles

Me rendirent si malheureux…

 

Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir…

 

Voie lactée ô sœur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d’ahan

Ton cours vers d’autres nébuleuses…

 

Apollinaire  La chanson du mal aimé (extrait).

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Mercredi 31 octobre 2007
Novembre.JPG

Novembre

 

Lorsque les âmes s’en vont noyées,

Lumières figées au cœur de l’ambre,

Disent-ils prières aux trépassés,

Les froids fantômes de Novembre.

 

J’ai vu mourir le fruit sucré

Comme la grappe de septembre,

Tous les enfants joyeux couchés,

Dans le linceul gris de Novembre.

 

Lunes perdues aux cœurs voilés,

Parfums amers, rouges regrets,

J’ai l’âme basse au noir novembre.

 

Dans les filantes brumes bleues,

Une lueur étrange aux yeux,

Pâle amant de la mort, Novembre .

par AïmalUn/Jean-Baptiste
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Mardi 16 octobre 2007

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Lever de Soleil sur la Tyrrhénienne
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par AïmalUn/Jean-Baptiste
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Mardi 9 octobre 2007


J’ai trop chanté la sérénade

Rossignol à toi attitré,

Ton cœur ton cœur ma Désirade

Je ne l’ai vu qu’au balconnet.

 

Ma voix devenant éraillée

Je me suis tue sous ta fenêtre,

Après avoir au ciel lancé

Un dernier à jamais peut-être.

 

En vagabondant sous la lune

Comme un Pierrot de triste mine,

J’ai fini par trouver fortune.

 

Sur une étoile en chat-perché,

Une bien jolie Colombine,

Je me suis remis à chanter.

par AïmalUn/Jean-Baptiste
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