"Du balcon de ma mère" Paul F.
Sy.Lundi 10 octobre. « Jean il faut que je te parle, j’ai rêvé de ton père, je sens sa présence, prie pour lui.
Cha.Samedi 15 octobre. « Aïmalun, parles moi de ton père. »
Pour toi Papapol.
Tu as pointé le canon du fusil sur ton cœur
Tu as déclenché le feu
Là-bas sur les franges de mare nostrum
Aux roches rouges du Trayas
Cœur explosé papa cœur explosé !
Ce cœur que tu avais si grand
Cœur assoiffé de vérité de justice d’amour
Toujours à pardonner nos faiblesses
Toujours à crier ta colère sur l’iniquité
Tu écrivais tu peignais tu sculptais
Tu nous entraînais vers le multiple
Le beau la conscience
Tu m’as appris à rêver
Tes cartes multicolores brodées de poèmes
Tes lettres de mots fleuris
Je les ai toujours papa
La dernière fois que je t’ai dis je t’aime
Je devais avoir douze ans
Ensuite je n’ai plus su le dire
Ensuite je t’ai bousculé
J’ai plongé dans la vie
J’ai oublié ta vie
Je n’ai pas vu venir ta souffrance
Tu la cachais aussi
Mais je n’ai pas cherché
Non je n’ai pas cherché
Quelque temps avant que tu ne décides de ton destin
Tu m’as montré le vieux fusil de ton oncle
Que fais tu avec ce fusil papa
« Il aura bien son utilité »
J’ai compris ce que tu avais décidé
Ton regard est entré dans le mien
Tu m’as pris dans tes bras
J’ai pleuré comme un enfant
Sur la poitrine de mon père
Là-haut dans les étoiles tu m’entends dis tu m’entends
Papa je T’aime !
Vendredi trente juillet mille neuf cent quatre vingt dix neuf
Aux roches rouges du Trayas ourlées de bleu
Cœur explosé papa cœur explosé !
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