
Flaubert dit-on, passa la fin de sa vie cloué sur un fauteuil devant un perroquet empaillé, qu’il prenait pour le Saint esprit. Qu’un maître ès nature humaine, double amant du vrai et du beau, puisse un jour se figer dans une immobilité grabataire et idolâtre devant des restes de plume et de paille, peut laisser pantois.
Les voies trop simples ou trop tortueuses dans lesquelles l’homme s’engage, ne préfigurent en rien de sa puissance ou de son impuissance ontologique.
Qui sait quoi et pourquoi ?
La passion, le désir, la volonté d’entrouvrir le ciel, la vertu austère vêtue de bure rêche, la compassion ostentatoire ou la raison critique, tout cela ne relève t’il pas d’une pitoyable palinodie ?
Enfermement dans des sens limités, qui nous poussent à croire ou à renier dans des postures grandiloquentes.
Dans la vanité de nos sentiments contracditoires, comment démêler l’essentiel de l’accessoire ? D’un rien nous faisons un drame, du tragique nous nous gaussons. Notre cécité est incommensurable. Nous défendons nos bassesses avec une hypocrisie sans faille. Toujours à justifier nos actes à l’aune d’une morale que par ailleurs nous outrageons sans cesse. Fiers de nos grands principes qui nous émeuvent, déliant nos bourses et nos âmes, nous voyons Dieu et le Diable manger à notre table, la bénédiction ou l’anathème flattant nos ego hypertrophiés. Ignorants sans doute que les deux seules choses qui ne soient pas disséquables dans notre belle anatomie, c’est le nombril et le trou du cul.
Dans la somme immense de nos confusions, la lucidité est un éclair flamboyant mais fugace dans un ciel d’orage.
Qui priera pour nous si ce n’est nous même ?
Mourir ou muter, exister ou être !
J’entends rire les simples et ricaner les cyniques. Ne vous moquez pas mes frères, des vices et des vertus nous savons trop bien les méfaits et les complaisances. Ni magie noire, ni magie blanche, seulement les affres et les délices promis par nos gouffres.
Qu’un maître de la forme et du style, toutes postures dissipées, ait, dans un volatile multicolore et figé vu l’Esprit saint, est il effet de la grâce ou de la damnation ?
A chacun ses abysses !
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