
Les Chants D’AïmalUn
VIII
Les oiseaux de la nuit ferment leurs blanches ailes
La louve rôde
L’aube pâle révèle
Sur la corolle des fleurs les perles de cristal
Et mon amour aux sources mortes
Implore le sombre minéral
Je te tends les bras Aïmalun,
Viens, viens, pose ta tête,
Et laisse moi te caresser les cheveux.
Les chiens sont à nos basques
La camarde et sa meute d’enfer
Presse le train des équipages
Calmons nos pas ô mon amour
Au cœur des forêts tutélaires
La chasse n’est que de passage
Je te tends les bras Aïmalun,
Viens, viens, pose ta tête,
Et laisse moi te caresser les cheveux.
Nos rêves giclent
Les digues se brisent
Les pluies vident le ciel
Le ruisseau devient torrent
Les mers montent
Esquif dans le tumulte des eaux
Nous regardons le monde s’engloutir
Je te tends les bras Aïmalun
Viens, pose ta tête
Et laisse moi te caresser les cheveux.
Sur nous l’orage des forces pesantes
La bête vomit ses scories fétides
Gorgone démesurée
Elle donne la puissance de tous ses feux
Couvrant la terre de son vol lourd
Pour dire nos cœurs en pierres
Je te tends les bras Aïmalun
Viens, viens, pose ta tête
Et laisse moi te caresser les cheveux.
Arrière faux- semblants de miséricorde
Arrière bâtards du démiurge
Qui voudraient sucer la moelle de nos os
Nous irons au-dela des brumes
Au-dela des marais pestilentiels
Où croupissent vos âmes engorgées
Je te tends les bras Aïmalun
Viens, viens, pose ta tête
Et laisse moi te caresser les cheveux.
Nous sommes enfants des sorcières de carabosse
Enfants de l’amour et de la mort
Epées polies pour tuer
Epées polies pour étinceller
Volonté qui glisse
Sur l’aile du désir éteint
Je suis là… Aïmalun.
Tu es là…
Tu fais rire le diable quand tu pleures mon amour
Tes larmes fécondent la terre
Elles abreuvent les morts
Mieux que l’eau des baptêmes
Elles sont l’eau vive qui coule dans nos veines
Pleure mon amour pleure…
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