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Texte Libre

Un soir de demi-brumes à Londres

Un voyou qui ressemblait à

Mon amour vint à ma rencontre

Et le regard qu’il me jeta

Me fit baisser les yeux de honte…

 

Au tournant d’une rue brûlant

De tous les feux de ses façades

Plaies du brouillard sanguinolent

Où se lamentaient les façades

Une femme lui ressemblant…

 

C’était son regard d’inhumaine

La cicatrice à son cou nu

Sortit saoule d’une taverne

Au moment où je reconnus

La fausseté de l’amour même…

 

J’ai pensé à ces rois heureux

Lorsque le faux amour et celle

Dont je suis encore amoureux

Heurtant leurs ombres infidèles

Me rendirent si malheureux…

 

Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir…

 

Voie lactée ô sœur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d’ahan

Ton cours vers d’autres nébuleuses…

 

Apollinaire  La chanson du mal aimé (extrait).

 


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The mind is its own place, and in it self c
an make a heavn of Hell, a Hell of Heavn
Milton,Paradise Lost.

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Les chants d'AïmalUn  Sur: IN LIBRO VERITAS

Samedi 27 août 2005

Les Chants D’AïmalUn

 

       VIII

 

 

 

 

 

Les oiseaux de la nuit ferment leurs blanches ailes

 

La louve rôde

 

L’aube pâle révèle

 

Sur la corolle des fleurs les perles de cristal

 

Et mon amour aux sources mortes

 

Implore le sombre minéral

 

 

Je te tends les bras Aïmalun,

 

Viens, viens, pose ta tête,

 

Et laisse moi te caresser les cheveux.

 

 

 

Les chiens sont à nos basques

 

La camarde et sa meute d’enfer

 

Presse le train des équipages

 

Calmons nos pas ô mon amour

 

Au cœur des forêts tutélaires

 

La chasse n’est que de passage

 

 

Je te tends les bras Aïmalun,

 

Viens, viens, pose ta tête,

 

Et laisse moi te caresser les cheveux.

 

 

Nos rêves giclent

 

Les digues se brisent

 

Les pluies vident le ciel

 

Le ruisseau devient torrent

 

Les mers montent

 

Esquif dans le tumulte des eaux

 

Nous regardons le monde s’engloutir

 

 

Je te tends les bras Aïmalun

 

Viens, pose ta tête

 

Et laisse moi te caresser les cheveux.

 

 

Sur nous l’orage des forces pesantes

 

La bête vomit ses scories fétides

 

Gorgone démesurée

 

Elle donne la puissance de tous ses feux

 

Couvrant la terre de son vol lourd

 

 Pour dire nos cœurs en pierres

 

 

 

 

Je te tends les bras Aïmalun

 

Viens, viens, pose ta tête

 

Et laisse moi te caresser les cheveux.

 

 

Arrière faux- semblants de miséricorde

 

Arrière bâtards du démiurge

 

Qui voudraient sucer la moelle de nos os

 

Nous irons au-dela des brumes

 

Au-dela des marais pestilentiels

 

Où croupissent vos âmes engorgées

 

 

Je te tends les bras Aïmalun

 

Viens, viens, pose ta tête

 

Et laisse moi te caresser les cheveux.

 

 

Nous sommes enfants des sorcières de carabosse

 

Enfants de l’amour et de la mort

 

Epées polies pour tuer

 

Epées polies pour étinceller

 

Volonté qui glisse

 

Sur l’aile du désir éteint

 

 

Je suis là… Aïmalun.

 

 

Tu es là…

 

 

Tu fais rire le diable quand tu pleures mon amour

 

Tes larmes fécondent la terre

 

Elles abreuvent les morts

 

Mieux que l’eau des baptêmes

 

Elles sont l’eau vive qui coule dans nos veines

 

Pleure mon amour pleure…

 

 

par AïmalUn publié dans : aimalun
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