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Texte Libre

Un soir de demi-brumes à Londres

Un voyou qui ressemblait à

Mon amour vint à ma rencontre

Et le regard qu’il me jeta

Me fit baisser les yeux de honte…

 

Au tournant d’une rue brûlant

De tous les feux de ses façades

Plaies du brouillard sanguinolent

Où se lamentaient les façades

Une femme lui ressemblant…

 

C’était son regard d’inhumaine

La cicatrice à son cou nu

Sortit saoule d’une taverne

Au moment où je reconnus

La fausseté de l’amour même…

 

J’ai pensé à ces rois heureux

Lorsque le faux amour et celle

Dont je suis encore amoureux

Heurtant leurs ombres infidèles

Me rendirent si malheureux…

 

Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir…

 

Voie lactée ô sœur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d’ahan

Ton cours vers d’autres nébuleuses…

 

Apollinaire  La chanson du mal aimé (extrait).

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Samedi 22 juillet 2006

J’ai cru pouvoir dire par des mots limités

La force des passions qui façonnent les songes

Par des caresses inventées

Oblitérer le mal qui ronge.

 

J’ai cru pouvoir dire par des gestes insensés

La rage des passions qui débrident les âmes

Par des rituels consacrés

Détruire le laid et l’infâme.

 

J’ai cru pouvoir dire par l’explosion des sens

la douleur des passions qui troublent mon esprit

Par l’ardeur d’un amour immense

Accomplir mon eucharistie.

 

J’ai cru pouvoir par la possession des corps

Dans la fusion des chairs périssables

Discerner la vie de la mort

Vaincre le temps inéluctable.

 

J’ai cru l’illusion des mirages

Dans les charmes des sortilèges

Mais l’ineffable est sans visage

Dieu jaloux de ses privilèges.

 

 

 

 

 

par AïmalUn/Jean-Baptiste publié dans : aimalun
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Dimanche 9 juillet 2006

Le vent souffle avec rage, la mer blanchit sous la caresse

Ô lagunes de la Marana

Dunes plus mouvantes que la mer

Sans cesse se recomposant

Fleurs de sable qu’étiole le vent marin

Cimetières d’ordures naufragées

Les poissons des hautes eaux

Que savent ils de leurs frères

Vivants de l’autre côté de ce mince cordon

Foule serrée et argentée

Multitude frémissante d’une insoutenable attente

Ô plage matelas minéral

Où les amants d’un soir

Dans l’extase frénétique d’un coup de rein encapoté

Croient voir chavirer les étoiles

Le pêcheur inattentif fait des rêves poissonneux

Oubliant sa canne qui crie à l’abordage

D’un modeste fretin

Entendent ils ses faux amants de la lune

Derrière la plainte de travers

Ce râle inhumain

De la Gorgone

Qui se donne et prend tout à la fois

Ô monstre des eaux

La puissance tutélaire dont vous êtes les noirs messagers

Saura vous donner en partage

Les chairs encore vivantes

Des nageurs imprudents.

 

 

par AïmalUn/Jean-Baptiste publié dans : aimalun
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