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Texte Libre

Un soir de demi-brumes à Londres

Un voyou qui ressemblait à

Mon amour vint à ma rencontre

Et le regard qu’il me jeta

Me fit baisser les yeux de honte…

 

Au tournant d’une rue brûlant

De tous les feux de ses façades

Plaies du brouillard sanguinolent

Où se lamentaient les façades

Une femme lui ressemblant…

 

C’était son regard d’inhumaine

La cicatrice à son cou nu

Sortit saoule d’une taverne

Au moment où je reconnus

La fausseté de l’amour même…

 

J’ai pensé à ces rois heureux

Lorsque le faux amour et celle

Dont je suis encore amoureux

Heurtant leurs ombres infidèles

Me rendirent si malheureux…

 

Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir…

 

Voie lactée ô sœur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d’ahan

Ton cours vers d’autres nébuleuses…

 

Apollinaire  La chanson du mal aimé (extrait).

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Jeudi 21 juin 2007

La brume sur la mer

Comme un voile incertain

Noie dans le gris du plomb

Les larmes océanes

Et mon cœur chaviré

Grand vaisseau blanc perdu

Dans ces larmes amères

S’englouti sans espoir

Disparues les couleurs

L’azur et le turquoise

Et les blanches dentelles

Qui font belles les vagues

Comme des épousées

Dansant sous le soleil

La lumière de tes yeux

Qui éclairait mes soirs

Dans les brumes se meurt

Fantômes  surgissant

Du fond des eaux houleuses

Emporterez mon âme

Dans ce voile trop gris

Dans ce linceul trop sombre

Jusqu’aux noirs abysses

Où gisent à tout jamais

Les lunes abandonnées.

par AïmalUn/Jean-Baptiste publié dans : aimalun
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Samedi 2 juin 2007

Si la fête des Mères est aujourd’hui bien galvaudée devenant un produit marchand, elle n’en reste pas moins dans nos cœurs d’enfants et dans notre inconscient collectif un hommage aux Femmes donneuses de vie, de notre vie.

 

Alors revisitons le Mythe, et qui mieux qu’Isis, la Déesse-Mère immémorielle, maîtresse et protectrice des mystères de la vie, matrice universelle, peut représenter les Mères passées et à venir ?  Lorsque « le vieux dieu » plein de rages et de pouvoirs se meurt, la Mère est toujours là, garante des aubes nouvelles. Pour honorer cette universalité, ce beau poème de Nerval.

Source image : http://www.hranajanto.com/goddessgallery/isis.html

HORUS

 

Le dieu Kneph en tremblant ébranlait l'univers:
Isis, la mère, alors se leva sur sa couche,
Fit un geste de haine à son époux farouche
Et l'ardeur d'autrefois brilla dans ses yeux verts.

 

"Le voyez-vous, dit-elle, il meurt, ce vieux pervers,
Tous les frimas du monde ont passé par sa bouche,
Attachez son pied tors, éteignez son oeil louche,
C'est le dieu des volcans et le roi des hivers!

 

L'aigle a déjà passé, l'esprit nouveau m'appelle,
J'ai revêtu pour lui la robe de Cybèle...
C'est l'enfant bien-aimé d'Hermès et d'Osiris!"

 

La déesse avait fui sur sa conque dorée,
La mer nous renvoyait son image adorée,
Et les cieux rayonnaient sous l'écharpe d'Iris.

 

Gérard de Nerval in les Chimères.

 

Bonne Fête à toutes les Mères, d’hier et de demain !

 

 

par AïmalUn/Jean-Baptiste publié dans : aimalun
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