
Dans les marais des terres mourantes
Où grouillent sous les eaux vivantes
Les peaux des morts assassinés
Les os brisés broyés brassés
Que chante encore le rossignol
L’oiseau aveugle au chant têtu
La larme de sang qui s’envole
Dans la lumière des ciels nus
La main crispée sur la poitrine
Les soubresauts du corps conquis
Toutes les lames assassines
Et tous les pleurs des cœurs meurtris
Quand le printemps comme une fête
Lance la vie sur les chemins
J’ai dis la prière imparfaite
Les yeux troublés du lendemain
J’ai fais l’amour avec l’aurore
Croisant le fer des assassins
La nuit trop courte dort encore
Dans les draps froissés du destin
Quand j’ai plongé dans ses yeux clairs
Comme dans une mer sans fond
Nageur des entre eaux amères
Noyé de toutes déraisons
Quand j’ai pleuré sur le mystère
Quand j’ai pleuré sur la passion
Sur les idées qui désespèrent
L’amour qui n’a jamais raison
C’est la vie vêtue de dentelles
Et c’est la vie vêtue de coups
Les dents blanches des demoiselles
Des putains le bleu des voyous
Que chante encore le rossignol
Dans les matins où meurt la lune
L’oiseau qui meurt sur la dune
La mer et le vent qui s’envolent
La vie qui va qui vogue et va
La vie qui va vogue et s’en va…
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