L’enfant martyrisée des lunes abyssines
Le coq que l’on égorge au chant du clair matin
Les rages invaincues aux prunelles assassines
La folie d’aujourd’hui qui enterre demain
Tout l’or de Cipango qui va noyer le monde
Ton cœur qui se répand sur les places alentour
Et chacun d’entre nous bien sage attend son tour
D’entrer ou de sortir de l’infernale ronde
Je renierais ton corps jeté dessus la pierre
Aux lignes de tes mains je lirais mon destin
J’implorerais le ciel de faire de ma prière
Un ange de noirceur briseur des lendemains
Je deviendrais alors le fantôme et l’obscur
L’aigle noir qui plane sur les charniers glacés
L’étrange et la douleur d’une antique figure
Qui fit se taire les dieux aux siècles trépassés
Sur la poitrine nue de la vierge promise
Je poserais la fleur de l’éternel verger
Pour que renaisse un jour après les aubes grises
Dans les lumières tremblantes l’amour et la beauté.
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