
A vue à vue à vue
Les cavalcades brunes
Dans les nuits de lueurs
Dans les gris d’amertumes
Quand crève l’espérance
Comme une idée ancienne
Rages vomies
A vue à vue à vue
Dans l’inepte posture L’œil brûlé par l’acide Quand l’ordre qui décide Emplit les soirs de bottes Quand crève la misère Sur le pas de nos portes A vue à vue à vue Le gibier d’innocence Egorgé par l’acier
Et le sexe livré
Ravalant ses sanglots
Et tout l’or des marchands
Qui brille et qui parade
A vue à vue à vue L’obscur est sur nos vies
Dans les villes lumières L’amour est dans l’égoût..
La rime triche avec raison
Avec avoir les pieds sur terre
Le cerveau qui mesure le poids de la puissance
L’œil qui jauge
La main qui prend
Mais l’amour qui se meurt sur les rives du temps
Mais l’âme dénudée tristement qui regarde
Ces habits de parade dont vous êtes vêtus
Les combats continuent dans l’arène sanglante
Sans entendre l’écho
Des sanglots de nos cœurs.
Si tu prends le nom d’une fleur Belle et froide comme l’ennui Ton cerveau compte les heures Qui te séparent de l’infini Cherche le pou sous l’églantine Installe tes compositions Tu peux décaler ta raison Comme une farce qui agglutine Tu sais pourtant le gris des tours Les mots qui volent le silence Le fleuve qui charrie l’amour Et les couleurs de l’espérance Ton verbe pend comme un lambeau Cherche midi et la fortune Tu ris trois fois sur le tombeau Et tu envois chier la lune Tu fais l’amour avec deux doigts Un simulacre de caresses La chair crissante sous le bois Dans l’humide de l’entre fesse Tu veux le masque et le regard Le lit défait la porte close Tu ouvres tes cuisses au miroir Le temblement des fleurs écloses La main qui dit la connaissance Ton cerveau cesse de compter Quand chavire ton arrogance Que ton corps se met à chanter.
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