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Texte Libre

Un soir de demi-brumes à Londres

Un voyou qui ressemblait à

Mon amour vint à ma rencontre

Et le regard qu’il me jeta

Me fit baisser les yeux de honte…

 

Au tournant d’une rue brûlant

De tous les feux de ses façades

Plaies du brouillard sanguinolent

Où se lamentaient les façades

Une femme lui ressemblant…

 

C’était son regard d’inhumaine

La cicatrice à son cou nu

Sortit saoule d’une taverne

Au moment où je reconnus

La fausseté de l’amour même…

 

J’ai pensé à ces rois heureux

Lorsque le faux amour et celle

Dont je suis encore amoureux

Heurtant leurs ombres infidèles

Me rendirent si malheureux…

 

Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir…

 

Voie lactée ô sœur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d’ahan

Ton cours vers d’autres nébuleuses…

 

Apollinaire  La chanson du mal aimé (extrait).

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Dimanche 26 février 2006

A vue à vue à vue

Les cavalcades brunes

Dans les nuits de lueurs

Dans les gris d’amertumes

Quand crève l’espérance

Comme une idée ancienne

Rages vomies

A vue à vue à vue

Dans l’inepte posture L’œil brûlé par l’acide Quand l’ordre qui décide Emplit les soirs de bottes Quand crève la misère Sur le pas de nos portes A vue à vue à vue Le gibier d’innocence Egorgé par l’acier

Et le sexe livré

Ravalant ses sanglots

Et tout l’or des marchands

Qui brille et qui parade

A vue à vue à vue L’obscur est sur nos vies

Dans les villes lumières L’amour est dans l’égoût..

 

 

 

La rime triche avec raison

Avec avoir les pieds sur terre

Le cerveau qui mesure le poids de la puissance

L’œil qui jauge

La main qui prend

Mais lamour qui se meurt sur les rives du temps

Mais l’âme dénudée tristement qui regarde

Ces habits de parade dont vous êtes vêtus

Les combats continuent dans larène sanglante

Sans entendre l’écho

Des sanglots de nos cœurs.

 

 

 

Si tu prends le nom d’une fleur Belle et froide comme l’ennui Ton cerveau compte les heures Qui te séparent de l’infini Cherche le pou sous l’églantine Installe tes compositions Tu peux décaler ta raison Comme une farce qui agglutine Tu sais pourtant le gris des tours Les mots qui volent le silence Le fleuve qui charrie l’amour Et les couleurs de l’espérance Ton verbe pend comme un lambeau Cherche midi et la fortune Tu ris trois fois sur le tombeau Et tu envois chier la lune Tu fais l’amour avec deux doigts Un simulacre de caresses La chair crissante sous le bois Dans l’humide de l’entre fesse Tu veux le masque et le regard Le lit défait la porte close Tu ouvres tes cuisses au miroir Le temblement des fleurs écloses La main qui dit la connaissance Ton cerveau cesse de compter Quand chavire ton arrogance Que ton corps se met à chanter.

 

 

 

 

 

 

par AïmalUn/Jean-Baptiste publié dans : aimalun
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Mardi 21 février 2006

COMMEMORATION

 

 

 

 

21 12 1916

 

 

LA BATAILLE DE VERDUN

 

 

10 MOIS D’ENFER

 

 

700 000 MORTS !

 

 

Cela vaut bien une Marseillaise, celle de Férré bien sur !

 

 

 

 

Je connais une grue sur le Vieux Port
Avec des dents longues comme la faim
Et qui dégrafe tous les marins
Qu'ont l'âme chagrine et le coeur d'or
C'est à Marseille que je vais la voir
Quand le soleil se fout en tweed
Et que le mistral joue les caïds
C'est à Marseille qu'elle traîne le soir
Elle a des jupes à embarquer
Tous les chalands qui traînent la nuit
Et des froufrous qui font tant de bruit
Qu'on les entend au bout du quai
Il suffit d'y mettre un peu de soi
C'est une putain qu'aime que la braise
Et moi je l'appelle la Marseillaise
C'est bien le moins que je lui dois
Arrête un peu que je vois
Su tu fais le poids
Et si j'en aurai pour mon fric
Arrête un peu que je vois
Si les étoiles couchent avec toi
Et tu me diras
Combien je te dois
Je connais une grue dans mon pays
Avec les dents longues comme le bras
Et qui se tapait tous les soldats
Qu'avaient la mort dans leur fusil
C'est à Verdun qu'on peut la voir
Quand les souvenirs se foutent en prise
Et que le vent d'est pose sa valise
Et que les médaille s font le trottoir
Elle a une voix à embarquer
Tous les traîne-tapins qu'elle rencontre
Et il paraît qu'au bout du compte
Ça en fait un drôle de paquet
Il suffit d'y mettre un peu de soi
Au fond c'est qu'une chanson française
Mais qu'on l'appelle la Marseillaise
Ça fait bizarre dans ces coins-là

Arrête un peu que je vois
Si t'as de la voix
Si j'en aurais pour mes galons
Arrête un peu que je vois
Et puis que j'abreuve tous vos sillons
Et je vous dirai
Combien ça fait
Je connais une grue qu'a pas de principes
Les dents longues comme un jour sans pain
Qui dégrafait tous les gamins
Fumant leur vie dans leur casse-pipe
C'est dans les champs qu'elle traîne son cul
Où y'a des croix comme des oiseaux
Des croix blanches plantées pour la peau
La peau des autres bien entendu
Celle-là on peut jamais la voir
A moins d'y voir les yeux fermés
Et le périscope dans les trous de nez
Bien allongé sous le boulevard
Suffit de leur filer quatre bouts de bois
Et de faire leur lit dans un peu de glaise
Et de leur chanter la Marseillaise
Et de leur faire une belle jambe de bois
Arrête un peu tes cuivres
Et tes tambours
Et ramène moi l'accordéon
Arrête un peu tes cuivres
Que je puisse finir ma chanson
Le temps que je baise
Ma Marseillaise

 

 

par AïmalUn/Jean-Baptiste publié dans : aimalun
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Dimanche 19 février 2006

Jai rêvé corps de la Madone

Que le Seigneur me le pardonne

Aux gouffres denfers ou dailleurs

L’éclat bleu de tes yeux ma sœur

Sur les chemins de nulle part

Dans les basses fosses du temps

Crèvent les roses du hasard

Mouillées des larmes des enfants

Petits enfants innocents

Chantez au chœur des séraphins

Les pleurs perlés de vos chagrins

Que Dieu vous garde du tourment

Jai rêvé corps de la Madone

Que le Seigneur me le pardonne

Aux gouffres denfers ou dailleurs

La pâleur de ta peau ma sœur

Sur les chemins du trop despoir

A la croisée des lendemains

Jai épousé dans lor du soir

La ligne courbe de ses reins

Petits enfants innocents

Riez riez avec les anges

Les eaux croupissantes des fanges

Désespèrent sous le firmament

Jai rêvé corps de la Madone

Que le Seigneur me le pardonne

Aux gouffres denfers ou dailleurs

La brûlure de ton souffle ma sœur

Sur les chemins de ma mémoire

Je largue tous mes souvenirs

Je veux crier je veux mourir

Je veux quexiste notre histoire

Petits enfants innocents

Qui ignorez toute malice

Que dieu vous garde des serments

De l’ombre trouble des délices

 

 

par AïmalUn/Jean-Baptiste publié dans : aimalun
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Samedi 18 février 2006

Dans les démences vaines

Giclant de nos douleurs

Les jouissances blêmes

Du désir sous la peur

L’arche brisée se noie

Les mondes s’évaporent

Les fleurs mortes d’effrois

Le cri qui crie encor

Sur les landes Brûlées

Sur les eaux d’infortunes

Pleure le rêve immolé

Hallali de la lune

Maîtresse des pouvoirs

Rancunière du temps

Trouble trame du noir

La lame tue l’instant

C’est le sang glacé qui se fige

Couleur devenue sans musique

Corolles tordues sur la tige

Promesses d’offrandes mystiques

La louve hurleuse dans le soir

La chair sous la griffe de fer

Tous les relents de désespoirs

Les eaux grouillantes des enfers

Pose la main et dis la donne

Le roi a jeté sa couronne

Ce soir le vent hurle trop fort

Mon âme navigue à l’effort

 

 

 

 

 

 

 

par AïmalUn/Jean-Baptiste publié dans : aimalun
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Mardi 14 février 2006

De ma terrasse.

"Elle est retrouvée ! Quoi l'éternité.

C'est la mer mêlée au Soleil ".

A Rimbaud; Une saison en enfer.

par AïmalUn/Jean-Baptiste publié dans : aimalun
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