J’ai pénétré par effraction
Dans la demeure du Chaman
L’ombre sur les murs dansait
Je fus la maîtresse et l’amant
Je fus le vieillard et l’enfant
Sous le regard de ceux qui jugent
Je fus travesti des oripeaux de la morte
Femme offerte
Femme possédée et qui possède.

Les vrais rêves sont ceux que l’on fait debout comme un pendu, comme un poisson que l’on tire de l’eau, comme une forme extraite de la glaise, comme une goutte de sang arrachée à la roche.
Songes enfantés par le psychisme profond, par le monde enfoui, ténébreux, où les liens se délient, les lignes de forces s’effacent, les formes s’estompent. La conscience alors quitte les eaux laborieuses, pareille au poisson d’argent, remontant les fleuves, les rivières, jusqu’aux sources immémorielles de la vie.
Les vrais rêves sont ceux que l’on fait debout, comme un écorché crucifié sur la palissade du temps, quand s’incline la raisonneuse pensée dans l’agonie de ses certitudes.
Songes conteurs de l’infini et du multiples, libérateurs des âmes prisonnières, nefs aux ailes gonflées voguant aux marges inconnues.
Les vrais rêves sont ceux que l’on fait debout, comme le mort ressuscité, les mains jointes dressées vers les étoiles, orant des mondes invisibles.
Songes briseurs des apparences qui faites surgir les univers mystiques, par delà la gangue de plomb vous dites les ors du mystère, pour enfin se confondre dans la mélodie des sphères, dans l’indicible et l’accompli !
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