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Texte Libre

Un soir de demi-brumes à Londres

Un voyou qui ressemblait à

Mon amour vint à ma rencontre

Et le regard qu’il me jeta

Me fit baisser les yeux de honte…

 

Au tournant d’une rue brûlant

De tous les feux de ses façades

Plaies du brouillard sanguinolent

Où se lamentaient les façades

Une femme lui ressemblant…

 

C’était son regard d’inhumaine

La cicatrice à son cou nu

Sortit saoule d’une taverne

Au moment où je reconnus

La fausseté de l’amour même…

 

J’ai pensé à ces rois heureux

Lorsque le faux amour et celle

Dont je suis encore amoureux

Heurtant leurs ombres infidèles

Me rendirent si malheureux…

 

Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir…

 

Voie lactée ô sœur lumineuse

Des blancs ruisseaux de Chanaan

Et des corps blancs des amoureuses

Nageurs morts suivrons-nous d’ahan

Ton cours vers d’autres nébuleuses…

 

Apollinaire  La chanson du mal aimé (extrait).

 


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The mind is its own place, and in it self c
an make a heavn of Hell, a Hell of Heavn
Milton,Paradise Lost.

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Les chants d'AïmalUn  Sur: IN LIBRO VERITAS

Samedi 11 février 2006

J’ai pénétré par effraction

Dans la demeure du Chaman

L’ombre sur les murs dansait

Je fus la maîtresse et l’amant

Je fus le vieillard et l’enfant

Sous le regard de ceux qui jugent

Je fus travesti des oripeaux de la morte

Femme offerte

Femme possédée et qui possède.

 

 

Les vrais rêves sont ceux que lon fait debout comme un pendu, comme un poisson que lon tire de leau, comme une forme extraite de la glaise, comme une goutte de sang arrachée à la roche.

 

 

Songes enfantés par le psychisme profond, par le monde enfoui, ténébreux, où les liens se délient, les lignes de forces seffacent, les formes sestompent. La conscience alors quitte les eaux laborieuses, pareille au poisson dargent, remontant les fleuves, les rivières, jusquaux sources immémorielles de la vie.

 

 

Les vrais rêves sont ceux que lon fait debout, comme un écorché crucifié sur la palissade du temps, quand sincline la raisonneuse pensée dans lagonie de ses certitudes.

 

 

Songes conteurs de linfini et du multiples, libérateurs des âmes prisonnières, nefs aux ailes gonflées voguant aux marges inconnues.

 

 

Les vrais rêves sont ceux que lon fait debout, comme le mort ressuscité, les mains jointes dressées vers les étoiles, orant des mondes invisibles.

 

 

Songes briseurs des apparences qui faites surgir les univers mystiques,  par delà la gangue de plomb vous dites les ors du mystère, pour enfin se confondre dans la mélodie des sphères, dans lindicible et laccompli !

 

 

par AïmalUn/Jean-Baptiste publié dans : aimalun
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