La courbe et l’insensé,
La vie qui partira,
Tous les mots épelés,
L’appelée qui s’en va.
Le temps,
Oh, le temps !
Amant insaisissable des sables et des vents,
Le corps tremblant
Sous la main griffeuse et qui caresse,
Le cœur battant
Sous la battue comme l’oiseau que blesse
Et tue,
L’archer de ma faiblesse.
La bouche qui s’entrouvre, pour dire comme un baiser
Mourant sur les lèvres défaites.
Ô mon amour, je t’ai pensée je t’ai aimée
Je t’ai vécue comme une fête.
Mon amour, froide et glacée
Et nue.
Sous la pâle clarté d’une lune d’oubli,
J’interroge les eaux des fontaines de vie,
Les larmes de l’orage, les sources de la nuit,
J’interroge les mages et le dieu qui me fit,
Et le mal et le bien et le ciel et l’enfer,
Et le souffle des dunes, tremblantes des déserts,
Tous les poissons d’argent qui enfantent les mers,
Tous les oiseaux migrants qui fécondent les terres.
Ô ma douleur !
Au soir où s’éteindront les rêves,
Lorsque pâliront les couleurs,
A l’heure brève,
Dans les yeux de la mort s’effacera le temps.
Oh, le Temps !
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