
Photo Jean-Chrisrophe ATTARD. www.objectif-corse.com
Corsica
Ô Fra !
De l’île aux mirages
Où méduse épousa les pierres
Où l’on entend dans les vallons
Le cri des streghe qui épouvante les nuits
Où tout est vrai
Car tout est faux
Et cette putain de race
Qui nous colle à l’âme
Qui nous englue dans le mystère
De ces fil qui s’entremêlent
Nœuds que toutes raisons récusent
De cette île au horizons variables
Qui montrent et l’or et le plomb
De ce silence violent posé sur les eaux
Sous d’immémoriales lunes rousses
De cette île fantasmatique
Rocher propitiatoire que nul sacrifice n’apaise
Table d’or de l’arche qui se dévoile et disparaît
Médée dit on la visita
Circée en fit son apanage
Et moi dans un retour que j’ai cru vouloir
Je bois l’amère liqueur des magiciennes
Que le trismégiste lui-même distilla
Da questa Terra nustrale, ohimé
Ti salute !
Ô surella !
De l’île d’ombres et de lumières
De l’île aux souffles
Couronnes invisibles des roches fantasmatiques
Gorgones pétrifiées
Dressées dans une ultime supplique
De la terre de notre mystère
Où toutes vérités vont voilées
Où le murmure des eaux chante d’étranges prières
Da questa terra nustrale, ohimè
Ti salute
Ô Mà
De cette montagne dans la mer
Terre gorgée des sangs mêlés des peuples de mémoires
Autel des sacrifices atlantéens
De cette Thulé méridionale
De cette île aux mille odeurs
Trop blanche
Trop noire
Comme les couleurs de son drapeau
De cette Kyrné qui ne se prend pas
Qui se donne parfois
Qui se refuse souvent
Prodiguant son amour avec la même violence que ses haines
Da questa Terra nustrale, ohimé
Ti salute !
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