
Les chants d’Aïmalun
XIII
Je suis sans habits, ou j'aimerai l'être
J’aimerai être nue, sans que l’ont s’en aperçoive
Je suis un degré au dessus
Nue et transparente mais présente
Oui
Je suis l'aleph
Tu es le parfum dans la voix qu’on n’entend pas tout à fait
Le son enroué qui désir
La bouche qui peint
La main qui dit
Tu es ce qui marche vers la nuit
Dans mes yeux
Je marche vers toi
Mais je cours dans le sens contraire de la terre
Tu cours et je veux ta lumière
Mais je suis sans lumière Aïmalun, c'est la pierre qui l'a dit
La pierre est menteuse je la tuerai
Tu la tueras comme un étranger parce que tu ne me sais pas, tu me devines
Je t'habite d'éternité
Tu me maquilles de gouffre
Et de songes
De fraîcheur qui se fâche
D’ombres qui fuient
La colère parce que je ne suis jamais là
Tu, es là,
Non, jamais assez
Toujours je te retrouve, qu'importe nuit ou jour
Non, c'est une voix qui arrache que tu retrouves, moi je me perds
L’amour ne se perd pas
Amour, où ? Comment ?
Dans les immensité de notre mémoire
Je suis comme un fruit pendu pourtant
On ne m'aime pas
On m'admire
On ne t'admire pas tu es le fruit
Je secoue ma chair
Je n'enlève jamais ma robe
Je prends ta chair
Ta robe est un faux semblant
Je viens vers toi
Vers toi
Je suis en toi
Je suis toi
Tu es moi avec des chevaux dans le sexe à toute allure, dans une course effrénée
Je suis ton sexe qui gonfle
Tu es le galop élastique
Je t'épouse
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