
Message personnel, pour Cha’ uniquement.
La miauleuse, griffes sous la peau.
Je fais des choses, je fais des choses, je n’en peux plus.
Je glisse comme une âme mouillée sur le désordre du monde.
La terre dans la bouche je mâche les racines.
Je suis l’étrange sensation du non-fait, du fait qui s’efface à chaque pas comme une ombre sans lumière. Le cri du cœur s’arrête dans ma gorge, sanglot mort-né.
Quand je vois un corps que je désir, je le rêve d’abord, je le rêve trop. Lorsqu’il s’étale devant moi, nu, offert, mouillé, mon sexe dressé pour le prendre, pour le posséder vraiment, je renâcle, je ne suis plus dans l’envie. Je prends sans plaisir, mécaniquement. Je fais sortir le râle, j’assume un devoir. Oh JB c’était si bon, si bien, si tralala… Je me décale, suis-je le champion de l’apparente satisfaction ?
J’aime l’odeur de la terre mouillée, des peaux humides de sueurs, des sexes en attentes, des désirs soudains, imprévus, là, de suite !
Je hais, j’exècre, le plaisir prévu, la fête annoncée, le fruit promis. Je suis un voleur de temps. Je dérobe à l’improviste pour me dérober aussitôt. Je suis le fou qui brise la diagonale. Celui qui ferme sa gueule quand on attend le discours.
Je rentre dans le souvenir comme un briseur de pierres dans la carrière. J’ai la mélancolie supprimeuse des fautes passées du hasard. Je vais devant, vers les formes naissantes, vers les possibles impossibles. Je dévore ma peau à chaque pas, je devine dans le noir les lumières éteintes. Je fais hurler le silence.
Je suis l’énorme incongruité, la somme inexacte de mes contradictions !
Amen !
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