Samedi 6 février 2010
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Je pourrais faire je crois de beaux alexandrins
De rimes qui vous flattent en ne vous disant rien
De mots vides de sens que vous croiriez pourtant
De l’esprit d’un poète profond et important
Je me fous des beaux mots et des chapeaux pointus
Je préfère la rime imparfaite
Ou pas de rime du tout
Et surtout
Et surtout pas le pas de l’oie du poète
Dont la marche en cadence serait la seule vertu
Je préfère les grisures qui vont bouffer aux marges
Aux grâces des marie le sourire des putains
Aux gloires des grands hommes la déjante des barges
Avaler le bon mot pour assouvir ma faim
Je préfère pisser dans les treilles du diable
Ivre du vin nouveau enfant des vignes folles
Plutôt que raide et court aller me mettre à table
Boire le madère sucré dont vos langues raffolent
J’aime les vers boiteux ceux qui ont le pied tord
Avançant claudicants envers et contre torts
Mots qui s’agrippent aux âmes comme un oiseau blessé
Mots qui feront chanter danser rire et rêver
Qui feront le bourdon plus fort que notre- dame
Qui vous diront l’amour sans oublier le drame
En jetant aux orties tout l’art de la métrique
Des essais compassés de l’ordre poétique
Et si je fais rimer un vers de douze pieds
Avec un vers de dix pattes affolées
Le huit alors veut s’en mêler
Le six de sa moitié
De douze je veux dire s’en vient aussi danser
Je passe impair et manque
Et fais sauter la banque.
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